Qu’est-ce que le syndrome fémoro-patellaire ?

Le syndrome fémoro-patellaire est aussi appelé syndrome rotulien douloureux. Il fait partie de la grande famille des douleurs antérieures du genou (au même titre que l’arthrose par exemple). Selon la Haute Autorité de Santé (HAS) « Il n’existe pas de consensus dans la littérature sur la définition, l’étiologie, le diagnostic et le traitement » (1). En d’autres termes, cette pathologie reste assez floue, tant bien pour comprendre son origine, pour la diagnostiquer et pour la soigner.

Durant la 4ème retraite internationale de recherche sur la douleur fémoro-patellaire qui s’est déroulée en 2016 (2), les chercheurs ont défini le syndrome fémoro-patellaire comme étant : « a pain occurring around or behind the patella that is aggravated by at least one activity that loads the patella during weight-bearing on a flexed knee », c’est-à-dire une douleur autour ou derrière la patella aggravée par au moins une activité en charge avec le genou fléchi, qui sollicite la patella. Les activités pouvant être : l’accroupissement, la position assise prolongée, la course, le saut ou encore la montée ou la descente des escaliers.

Qu’est-ce que la patella ?

La patella, plus couramment dénommée rotule, est l’un des trois os qui compose le genou avec le fémur et le tibia. Elle s’intercale entre le tendon du quadriceps en haut et le ligament patellaire en bas qui relie cette patella à l’os du tibia. Cela permet un meilleur fonctionnement musculo-squelettique puisque sans la patella, il y aurait une usure rapide du tendon du quadriceps par son frottement répété sur le fémur. Cette organisation permet également d’augmenter la force d’extension du genou, qui est produite par le muscle quadriceps, de plus de 50% grâce à un plus grand bras de levier. (3)

syndrome fémoro-patellaire

Quelles sont les personnes les plus touchées par le syndrome fémoro-patellaire ?

Cette pathologie touche deux fois plus les femmes que les hommes, aussi bien à l’adolescence qu’à l’âge adulte.

Plusieurs types de population sont particulièrement touchés (4), elles correspondent :

  • Aux adolescents : notamment les filles avec une morphologie particulière (les jambes en « X » ou genu valgum) ou les garçons sportifs
  • Aux adultes après un traumatisme (comme une fracture ou une lésion ligamentaire) ou une chirurgie
  • Aux sujets de 35-40 ans exerçant un effort inhabituel sans préparation musculaire.
  • Aux sportifs de haut niveau et aux militaires (5).

De plus, ce syndrome représente 25 à 40% des consultations concernant le genou en médecine du sport (6). Ce qui veut dire que cette pathologie est très souvent rencontrée dans le monde sportif.

Quelle est l’origine du syndrome fémoro-patellaire ?

 

De nombreux facteurs de risque entrent en compte dans la genèse du syndrome fémoro-patellaire et plusieurs facteurs peuvent être présents chez une même personne. Il existe des facteurs de risque intrinsèques qui ne sont pas modifiables (car ils sont propres à chacun) et des facteurs de risque extrinsèques qui seront, eux, modifiables puisque ce sont des facteurs externes à l’individu.

Parmi les facteurs de risque intrinsèques nous pouvons retrouver (7-8) :

  • Des facteurs de risque osseux correspondant à des anomalies anatomiques
  • Des facteurs de risque musculaires tels qu’un déséquilibre de force entre les muscles quadriceps et ischio-jambiers ou un déficit de force du quadriceps ou même des fessiers.
  • Des facteurs de risques ligamentaire tels qu’une laxité des ligaments ou au contraire une rétraction de ceux-ci.
  • Les antécédents de chirurgie ou de traumatisme
  • Les défauts d’alignement du membre inférieur pouvant être le résultat de la combinaison de plusieurs des facteurs cités précédemment.

Parmi les facteurs de risque extrinsèques nous pouvons retrouver (9) :

  • Le type de sport ou l’activité pratiquée (par exemple ce syndrome touche plus facilement les cyclistes et les militaires)
  • L’équipement utilisé (notamment le type de chaussure)
  • L’augmentation soudaine du niveau d’activité physique (qui engendre une hypersollicitation mécanique) ;
  • Les conditions environnementales : escaliers, pente, revêtement du sol… (7);
  • L’immobilisation prolongée : qui va engendrer un déficit musculaire puis une récupération asynchrone entre les différents chefs composant le quadriceps (notamment entre le chef vaste médial et le chef vaste latéral : voir photo).
  • Les facteurs psycho-sociaux (10) : l’anxiété, la dépression, la catastrophisation et la kinésiophobie sont les caractéristiques les plus probablement corrélées à la douleur et à la fonction physique dans le SFP (11-12-13).
syndrome fémoro-patellaire - quadriceps
syndrome fémoro-patellaire - angle Q

D’où provient la douleur ?

Les mécanismes de la douleur sont encore mal compris. L’hypothèse principale est que la douleur viendrait d’une souffrance de l’os sous-chondral (os qui est sous le cartilage) par une pression excessive de la face postérieure de la facette latérale de la patella sur le fémur, associée à une souffrance des tissus péri-patellaires (14).

Le « maltracking », c’est-à-dire le cheminement anormal de la patella sur le fémur en serait la cause. Ce « maltracking » peut être expliqué par le mauvais alignement de l’appareil extenseur (composé du quadriceps et du ligament patellaire) qui forme un angle au niveau du genou ouvert en dehors, ce qui engendre une force de traction de la patella vers l’extérieur plus importante.

L’angle Q étant plus important chez la femme (par l’augmentation de la largeur du bassin), il expliquerait pourquoi la prévalence est plus importante dans cette population. Néanmoins, aucune corrélation clinique n’a été mise en évidence entre l’importance de l’angle Q et la sévérité des symptômes (15).

Quels-sont les symptômes du syndrome fémoro-patellaire ?

Un syndrome est défini par l’association de plusieurs symptômes. Dans le syndrome fémoro-patellaire, le principal symptôme est la douleur antérieure du genou. Elle peut être parfois difficile à localiser. En général, les personnes souffrant de ce syndrome décrivent un cercle autour de la patella. Cette douleur apparaît progressivement et son intensité peut varier selon les personnes. Elle est intensifiée par la position assise prolongée (on appelle cela le « signe du cinéma »), par la montée ou la descente des escaliers, par l’accroupissement ou par la course à pied (2). En effet, toutes ces activités engendrent une augmentation des contraintes au niveau du genou car le fait de plier le genou va entrainer une augmentation de pression de la patella sur le fémur. En d’autres termes, la rotule va venir se plaquer sur l’os qui est en dessous, c’est-à-dire le fémur.

Les autres symptômes que nous pouvons retrouver sont : des crépitements, une sensation de grincement lors de la flexion du genou et un léger gonflement de l’articulation. Dans certains cas, certaines personnes ressentent une instabilité de la patella, c’est-à-dire qu’elles sentent que leur genou se dérobe parfois.

Comment évolue ce syndrome ?

La douleur antérieure du genou entraine une perte progressive de fonction. Au départ, l’individu peut ressentir une gêne simplement lors des activités sportives, puis, par la suite, lors des activités professionnelles et de la vie quotidienne (2). Cela peut particulièrement influencer le moral des patients et donc leur qualité de vie.

Cette douleur a tendance à persister dans le temps. Cette pathologie évolue vers un mode chronique dans 70 à 90% des cas (16), c’est-à-dire que cette pathologie va persister au fil du temps (plus de 3 mois). De plus, environ un sujet sur quatre montre des douleurs antérieures du genou plus de 20 ans après l’apparition des symptômes, ce qui ne présage pas un bon pronostic sur le long terme (17).

Les chercheurs pensent qu’il y aurait une corrélation entre la douleur fémoro-patellaire et l’apparition d’arthrose fémoro-patellaire avec le temps, mais cette hypothèse est encore débattue. Cependant, d’après le peu d’études présentent à ce sujet, il semble y avoir un continuum entre les deux (18-19-20).

En résumé, la plupart du temps le syndrome fémoro-patellaire devient chronique et donc persiste au fil du temps. C’est pourquoi il est important de prévenir ce syndrome avant qu’il s’installe, notamment chez les personnes à risque. La prévention de ce syndrome peut notamment se baser sur une meilleure préparation musculaire, sur l’utilisation régulière d’étirement voire même d’une genouillère si nécessaire.

Comment traiter le syndrome fémoro-patellaire ?

Il existe plusieurs moyens de traitement du syndrome fémoro-patellaire.

  • Le renforcement musculaire : Le plus souvent, c’est le renforcement du quadriceps qui est prescrit pour ce syndrome mais de plus en plus d’études montrent que le renforcement des muscles de la hanche et du tronc serait bénéfique pour le traitement de ce syndrome (21-22-23-24).

  • Les étirements : Les étirements sont utilisés seulement s’ils sont nécessaires. Ils ont pour but d’assurer l’équilibre des tensions musculaires autour de l’articulation du genou. Nous pouvons retrouver des étirements des quadriceps, des ischio-jambiers, des triceps suraux et des adducteurs s’ils sont raides (25).

  • Tape et orthèse : Le tape est un nouvel outil particulièrement à la mode de nos jours. Mais son efficacité n’est pas réellement prouvée lorsqu’il est utilisé seul alors qu’il pourrait être bénéfique en association avec des exercices de kinésithérapie (26). Quant aux orthèses, leur but est de stabiliser la patella lors des mouvements mais leur efficacité n’est pas réellement prouvée.

Il existe aussi des traitements chirurgicaux qui sont utilisés dans de rare cas.

Reprendre le sport

Pour rependre le sport, il sera nécessaire d’habituer le genou à avoir des sollicitations de plus en plus importantes. Ces sollicitations doivent être très progressive pour qu’il n’y ai pas de surcharge mécanique.

Lorsqu’il y a un stress le corps peut s’adapter et devenir plus fort. Mais s’il y a un stress en excès, cela provoque une inflammation et donc une souffrance. Il y a une capacité de stress mécanique que le patient peut encaisser, si on passe trop de fois au-dessus de cette barrière, on dépasse notre % d’adaptation. Pour progresser il faut aller chercher un peu au-dessus mais pas trop.

Vous pouvez consulter notre article sur la reprise du sport après une blessure comme le syndrome fémoro-patellaire pour en savoir plus.

Il peut être également intéressant de faire des exercices de proprioception car cela va favoriser la création de nouveaux automatismes. La proprioception permettra de réadapter votre genou à son environnement. Pour cela nous vous proposons des programmes d’entrainements adapter à vos besoins. N’hésitez pas à aller les consulter. 

Quelques exercices

Le nombre de répétitions passe de 3 séries de 10 répétitions à un maximum de 3 séries de 20 répétitions.

Ensuite, la résistance est augmentée en utilisant un brassard de poids ou un tube de résistance.

Le dosage est choisi de manière à ce que les dernières répétitions soient difficiles mais que la qualité du mouvement soit maintenue. (27)

Abduction de la hanche

abduction de la hanche

Rotation externe de la hanche

Rotation externe de la hanche

Extension de la hanche

Tout savoir sur le syndrome fémoro-patellaireExtension de la hanche

Jambe levé tendu

Jambe levé tendu

Extension du genou

Extension du genou

Mini-squat à 45°

Mini-squat à 45°

Bibliographie

 

(1) Dispositifs de Compression/Contention médicale à usage individuel – Utilisation en Orthopédie/Rhumatologie/Traumatologie [En ligne]. Haute Autorité de Santé. 2012 [cité 10 avr 2020]. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/jcms/c_1318289/fr/dispositifs-de-compression/contention-medicale-a-usage-individuel-utilisation-en-orthopedie/rhumatologie/traumatologie

(2) Crossley KM, Stefanik JJ, Selfe J, Collins NJ, Davis IS, Powers CM, et al. 2016 Patellofemoral pain consensus statement from the 4th International Patellofemoral Pain Research Retreat, Manchester. Part 1: Terminology, definitions, clinical examination, natural history, patellofemoral osteoarthritis and patient-reported outcome measures. Br J Sports Med. juill 2016;50(14):839‑43.

(3) Schindler OS, Scott WN. Basic kinematics and biomechanics of the patello-femoral joint. Part 1: The native patella. Acta Orthop Belg. août 2011;77(4):421‑31.

(4) Dejour, D., Reynaud, P., Lecoultre, B. Douleurs et instabilité rotulienne. Essai de classification. Médecine Hygiène. 1998;56(2217):1466‑71.

(5) Smith BE, Selfe J, Thacker D, Hendrick P, Bateman M, Moffatt F, et al. Incidence and prevalence of patellofemoral pain: A systematic review and meta-analysis. PLoS ONE [En ligne]. 11 janv 2018 [cité 12 oct 2019];13(1). Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5764329/

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